Le grand poète s’est éteint

Publié le par Vénus de Sousse

En partant à 61 ans des suites d’un cancer du poumon, Alain Bashung a rejoint les grands chanteurs à texte du 20ème siècle.

Les hommages s’enchaînent, preuve que son talent n’était plus à démontrer. En plus de trente ans de carrière, l’homme n’avait de cesse de pousser les limites de ses textes, de sa musique et du beau. Du folk au rock, des ballades à la pop, avec quelques airs électroniques, Bashung a su séduire des générations entières de mélomanes ou de romantiques de cette musique aussi douce et limpide qu’était le chanteur. Dans son dernier album « Bleu Pétrole », l’homme chantait dans le morceau « Résidents de la république » qu’un jour il ne parlera plus. Qui voulait vraiment le croire ?


  

Car Bashung était un bien plus qu’un chanteur. Il était poète. Le poète du vingtième siècle, plein de rimes, d’images et d’histoires, pour petits et très grands. Un véritable chef d’orchestre, capable de rassembler les plus grands paroliers et compositeurs, pour mettre en musique des chefs d’œuvre d’albums et de chansons. Gaby et Joséphine sont désormais orphelines. Elles sont seules, comme son public. Celui qui aimait mentir la nuit peut désormais reposer en paix. Alain Bashung laissera bien plus que des albums et ses huit Victoires de la musique. Il lègue surtout une signature artistique propre à tous les piliers de la musique. Il faisait partie de ces personnes qu’on aurait souhaitées immortelles. On aurait voulu qu’il nous livre encore des « Bleu Pétrole », des « Fantaisie Militaire » pour rêver encore.  En écoutant ses plus beaux morceaux, je me dis que jamais plus il ne chantera et que jamais plus il ne pourra m’embarquer dans ses voyages paroliers.

Si Bashung a rejoint les Brel, Brassens et autres Gainsbourg, il aurait certainement sa place aux côtés des meilleurs poètes de notre temps. Ce soir, c’est tous ses fans qui voudraient parler, mais qui ne le peuvent, accablés par sa mort. 

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