Hachikō

Publié le par MacGaijin

Je comptais me lancer sur un article sur les arnaques touristiques, ou un condensé de news –pas très folichonnes actuellement – du Japon, mais en fait, je vais simplement raconter une mignonne petite histoire.

Si vous vous rendez à Tokyo, impossible de faire l’impasse sur Shibuya (à l’inverse, la tour de Tokyo, qui se veut une deuxième Eiffel peut bien se passer de votre visite). C’est le quartier jeune, branché, pour sortir, ou faire du shopping. C’est aussi là où l’on prend généralement les photos des écrans géants, des passages piétons hallucinants. A ce propos, et c’est sûr que c’est à voir, mais ne faite pas non plus comme les Américains qui s’affalent au Starbucks (et là je n’exagère pas !) et qui regardent les japonais traverser comme si c’était des moutons, avec un air blasé.

Bon, j’ai faillit oublier ma petite histoire. Allez, vous l’avez bien mérité. La sortie principale de la gare de Shibuya se nomme « Hachiko ». C’était le chien d’un professeur de l’Université de Tokyo. Il accompagnait chaque jour son maitre à la station Shibuya, puis attendait son retour le soir.

  

Vint un jour où le professeur Hidesaburō Ueno ne rentra pas, victime d’une attaque. Mais Hachiko continuait de venir chaque jour, devant la porte de la gare, pour attendre son maitre. Le chien et son maitre étaient déjà connu par nombre de voyageurs de la station. Emus par la fidélité de l’animal, ils lui apportaient chaque jour de l’eau et de quoi manger. Puis un article dans le Tōkyō Asahi Shimbun rendit célèbre le cas Hachiko, au point d’en faire un symbole national. Pendant encore une dizaine d’années, le chien vint à la station chaque jours, avant de lui aussi finir par s’endormir pour toujours.

Aujourd’hui, Hachiko est devenu le symbole du Japan Rail, la SNCF japonaise, mais surtout un vrai symbole national. La race du chien, Akita, qui était au bord de la disparition, a retrouvé un second souffle. Et les jeunes tokyoïtes de Shibuya se donnent toujours rendez-vous devant la statue d’Hachiko. A l’opposé du sérieux français, où l’on nomme toutes les places par des noms de révolutionnaires ou de généraux, c’est cette légèreté, et pourtant cette beauté qui fait le charme de la culture japonaise. 

Publié dans Japan trip

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Bree 14/04/2009 10:55

Vraiment très belle histoire !

Heckel & Jeckel 14/04/2009 09:53

C'est un peu l'équivalent de Belle dans Belle et Sébastien pour les Français ou de Lassie pour les Américains. Belle histoire.