(In) Glorious Bastards

Publié le par Heckel & Jeckel

Avec « Inglorious Basterds », Quentin Tarantino s’attaque à un nouveau genre : le film de guerre. Après « Boulevard de la mort », hommage aux slashers américains qui n’avait que peu convaincu, il était attendu au tournant.


Bande annonce du film





 





« Inglorious Basterds » se déroule donc dans une France occupée sur la période 1941 – 1944. Librement inspiré des films « Une poignée de salopards » d'Enzo G. Castellari et « Les Douze Salopards » de Robert Aldrich, il s’en éloigne de façon géniale pour offrir une œuvre unique en son genre.
Mais tout d’abord le « pitch » : 8 soldats américains juifs, dont le brillant Brad Pitt, sont envoyés en zone occupée pour zigouiller un maximum de nazis. Peu à peu, une mission de grande envergure se met en place qui peut donner un tournant décisif à la guerre.
Bien sûr, Tarantino ne pouvait pas faire comme tout le monde et nous livrer un film de guerre façon Ridley Scott ou Steven Spielberg. Loin de là même. Si vous vous attendez à un gros film d’action, dégoulinant de patriotisme et de fraternité, passez votre chemin. Tarantino nous propose un film de guerre façon western spaghetti sans poussière et sans éperon mais à l’humour aussi noir et sadique que ses personnages. Dans le rôle de l’indien américain  : le Lieutenant Aldo Raine dit « Aldo l’apache » (Brad Pitt) et ses soldats dont sa féroce bête le Sergent Donnie Donowitz, dit « L’ours juif ». Dans le rôle du chasseur façon Lee Van Cleef, le Colonel Hans Landa dit « Le chasseur de juifs ». Les Jessie James locales ne sont autres que Diane Kruger et Mélanie Laurent (que l’on voit décidemment de plus en plus). Tarantino se permet de réécrire l’histoire pour notre plus grand plaisir.
Le film, vu en VO, mélange à la fois le français, puisqu’il se passe en France, l’anglais, puisque nous suivons des militaires américains, l’allemand, puisque nous suivons aussi des militaires allemands et l’italien pour une raison que je ne peux dévoiler mais qui provoquera un grand moment de rigolade. Le tout donne un heureux mélange d’intonations qui rythme à sa façon le film.



Retour aux sources
Par certains aspects, on peut parler de retour aux sources dans ce nouveau film. Comme d’habitude, les scènes d’action sont rares mais bien gérées, la scène de fin étant même anthologique. Mais ce qui frappe, ce sont les dialogues, longs sans êtres poussifs, pleins de digressions et de tensions entre les protagonistes, du pur Tarantino. On se sent dans des scènes façon duel au soleil, au point culminant où les revolvers vont sortir de leur étui. Les acteurs ont tous des mimiques et un jeu qui entretient cette sensation. Une scène dans un  bar rempli d’allemands n’est par exemple pas sans rappeler la célèbre scène de « l’intervention divine » dans Pulp Fiction. Bien sûr, un film de Tarantino n’est rien sans une scène dévolue à son fétichisme pour les pieds et celui-ci ne fait pas exception.
La vengeance, comme dans Kill Bill, est au centre du film. En effet, les Juifs en veulent un peu aux SS d’exterminer leur peuple et leur font payer cher. Uma Thurman, habituelle héroine des films du maître est remplacé par Mélanie Laurent, une « frenchie » qui tient son rang.
La violence est traitée de la façon la plus « tarantiniesque » possible, sans fioriture mais avec brio.  La musique est aussi une donnée importante des films du Monsieur. Toujours aussi bien pensé dans cet opus, elle est pourtant plus discrète et ne vaut pas celle de ses premiers films (Réservoir Dogs, Pulp Fiction, Jackie Brown).

On voulait un bon Tarantino, c’est chose faite. Maintenant on veut la suite. Pourquoi pas un hommage à la SF des années 60 ? 

Publié dans Culture

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Heckel & Jeckel 22/08/2009 09:15

Oui il y a bien une chanson de Justice mais il y a en majorité des chansons de Morricone.

Guilesp 21/08/2009 13:38

Awesome.
Surprise en écoutant Genesis. Elle est dans le film ?